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Les indignées du Bois de Boulogne

15/06/2012

Travailleuses, travailleurs, l’ère de l’indignation est venue!
Après les danseuses du Crazy Horse qui ont récemment fait grève pour la toute première fois dans l’histoire du célèbre cabaret parisien, c’est au tour des travailleuses du sexe du Bois de Boulogne de se révolter. 
Ces dernières ont en effet décidé de dénoncer le harcèlement et les mauvais traitements dont elles feraient régulièrement l’objet de la part des forces de police. -

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Les camionnettes interdites au Bois de Boulogne

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Ce qui a mis le feux aux poudres c’est la publication d’un nouvel arrêté préfectoral en date du 1er mars, interdisant aux prostituées de garer leur camionnette dans les allées du Bois de Boulogne et aux abords de celui-ci.
Sachant que les camionnettes sont le principal outil de travail des prostituées, cette mesure de police vise tout bonnement à restreindre voir empêcher la prostitution dans cette zone.
La position des autorités en la matière est d’autant plus hypocrite que ce n’est pas en cachant la prostitution qu’on la fera disparaître.
Les travailleuses du sexe, si elles sont contraintes de ne plus venir travailler en camionnette, trouveront d’autres solutions. Soit elles iront stationner plus loin, soit elles utiliseront la voiture, puisque l’arrêté interdit seulement les camionnettes. Malheureusement, les filles qui n’auront plus de véhicule viendront travailler à pied, se trouvant alors dans une situation de vulnérabilité et d’insécurité, car bon nombre de prostituées sont victimes d’agression chaque année et celles qui travaillent à l’intérieur de camionnettes sont plus en sécurité que celles qui sont obligées de faire des passes au fond des bois.
Une chose est sure, c’est qu’elles sont bien décidées à ne pas accepter l’interdiction des camionnettes sans broncher. C’est ainsi qu’elles ont été plusieurs dizaines à manifester au mois de mai pour exprimer leur colère et leurs revendications.
Depuis, elles manifestent régulièrement et n’ont pas l’intention de s’arrêter là car elles veulent être entendues des pouvoirs publics.

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La prostitution, une activité gênante qu’il faut cacher

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Mais l’arrêté préfectoral du 1er mars n’est pourtant que l’apogée de mesures prises à l’encontre des prostituées qui relèvent pour elles d’un véritable harcèlement débuté en 2003 lorsque le législateur a créé le délit de racolage passif. Cette première mesure a eu pour effet de chasser les prosituées des villes, les poussant alors à exercer leur travail dans des camionettes stationnées en zone périphérique.
C’est ainsi qu’on a vu certains quartiers hors aglomération devenir de vrais boulevards de la prostiution, avec des files de camionnettes à n’en plus finir.
Il suffit pour s’en rendre compte d’aller faire un tour sur les quais de Saône à Lyon en fin de journée.
Cette chasse aux filles de joie ne s’est pas arrêtée là, puisqu’au Bois de Boulogne par exemple, elles font l’objet de contrôles d’identité quasi quotidiens, sans compter les verbalisations, les arrestations et même les gardes à vues. Tout est fait pour casser le moral des prostituées qui pourtant ne demandent qu’une chose, pouvoir travail tranquilement.
Ce qui n’arrange pas non plus les choses c’est la cohabitation pas toujours facile entre les prostituées traditionnelles, qui parfois exercent leur métier depuis plus de quarante ans, et les trans, fraîchement débarqués, qui eux n’hésitent pas à frôler l’exhibitionnisme en se montrant le plus souvent dévêtus aux abords des allées du Bois de Boulogne.
C’est pourquoi bon nombre de prostituées ont décidé de s’organiser afin de faire respecter aux plus jeunes certaines règles de « bonne conduite » afin de ne pas ajouter de l’eau au moulin des forces de police qui ne demandent qu’à les verbaliser ou les emmener au poste pour racolage ou exhibitionnisme.

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La nécessité d’un travail de réflexion autour de la prostitution

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Toujours est-il que dans une société où les autorités veulent éradiquer la prostitution sous toute ses formes, il devient de plus en plus difficile pour les travailleuses du sexe d’exercer leur métier sereinement. Tout est fait pour empêcher les prostituées de travailler librement et parallèlement, les pouvoirs publics refusent tout débat autour d’une éventuelle réouverture des maisons clauses.
Bien qu’une majorité de prostituées semble être opposée à cette éventualité, se voyant ainsi privée de la liberté qu’elles ont de choisir leurs conditions de travail, la question mérite toutefois d’être posée quant à la réglementation et à l’encadrement de la prostitution, considérée par certains comme une forme d’esclavage moderne et par d’autres comme une activité d’utilité publique.
Bon nombre de pays européens ont franchi le pas,  tels que l’Espagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse ou encore la Belgique. Il serait donc temps que la France s’y mette aussi, car à trop vouloir nettoyer les villes et leurs abords, on pousse les prostituées à l’isolement et à la clandestinité avec tout ce que cela comporte de risques pour leur santé et leur sécurité.

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